CritiqueSéries de A à ZThe Looming towers

The Looming tower une bonne série sur les coulisses des attentats du 11 septembre mais…

affiche de la série the looming tower

Dix-sept ans après le 11 septembre 2001 la série télé The Looming Tower revient sur les coulisses des attentats. Une minisérie de 10 épisodes produite par Hulu et diffusée en France sur Amazon Prime.

Tous les ingrédients de la réussite

Pour cette série qui aborde le sujet délicat des attaques terroristes du World Trade Center à New-York, Hulu a misé sur la qualité.

L’intrigue se focalise sur les protagonistes du 11 septembre. A la fois au Moyen-Orient mais surtout aux États-Unis.

La série essaie de répondre à la question « Comment cela a t-il pu arriver ? ». Et s’attarde surtout sur les dysfonctionnements entre les deux agences gouvernementales de sécurité : le FBI et la CIA.

La première est chargée de la sécurité du territoire américain tandis que la seconde s’occupe de l’étranger. La CIA est censée communiquer ses informations au FBI et vice-versa. Or pour des raisons de guerres personnelles ou de différences de point de vue, la CIA fait ouvertement de la rétention d’informations.

L’intrigue est menée sous forme d’enquête qui se conclue par l’échec du FBI entre autres, à protéger le sol américain faute de disposer des informations cruciales.

Un casting de choix

photo de Jeff Daniels et Tahar Rahim dans the Looming towerLe FBI est alors dirigé par Jack O’Neil, agent du FBI depuis 25 ans. Il doit jouer des coudes et régulièrement taper du poing sur la table pour rappeler à son homologue de la CIA les risques qu’il fait courir à son pays en gardant pour lui ses informations. Jeff Daniels est attachant en patriote bon vivant, séducteur affable et dépensier.

A ses côtés, l’agent Soufan interprété par l’excellent Tahar Rahim musulman d’origine libanaise parlant couramment l’arabe comprend déjà la force et les motivations d’Al Qaeda. Avoir la tête de son leader Oussama Ben Laden ne changera rien, contrairement à ce que pense la CIA.

Photo de Peter Saarsgard dans the Loooming towerEn face, Peter Sarsgaard (méconnaissable) incarne Martin Schmidt, l’insupportable analyste de la CIA qui ne voit qu’une seule solution : l’intervention militaire. On peut regretter le manque de nuance du personnage qui par tous les aspects de sa personnalité est antipathique. Il est affublé d’une assistante aussi désagréable et arrogante que lui. On l’aura compris, la série est à charge contre la CIA.

On retrouve également Alec Baldwin et Bill Camp.

L’adaptation d’un livre de référence

The Looming Tower est surtout l’adaptation du livre The Looming Tower: Al Qaeda and the Road to 9/11,” de Lawrence Wright. Un best-seller outre-atlantique qui a remporté le prix Pulitzer. Fort de cette caution journalistique sérieuse, la série peut s’engager sur le terrain d’un sujet aussi sensible. D’autant que l’écrivain a également participé à l’écriture de la série.

Un scénario sobre et analytique

Nous sommes loin de séries telles que Homeland au rythme trépidant et à l’intrigue paranoïaque. La série reprend les événements depuis 1998 où les Etats-Unis plongés en pleine affaire Lewinski ne prennent pas la mesure des attentats des ambassades de Nairobi au Kenya et Dar es Salaam en Tanzanie. Il s’agit pourtant du premier acte de l’escalade qui va aboutir aux attaques du 11 septembre.

Puis vient l’ère Bush, les changements d’administration et le désastre que l’on connaît.

La série ne joue pas sur le sensationnalisme et une mise en scène anxiogène. Elle interroge, enquête et croise les faits. De ce point de vue c’est une première. Je réalise que jusqu’ici, j’ai davantage entendu parler de diverses théories du complot. The Looming tower apporte un éclairage intéressant à cet égard.

De la même façon, l’agent Soufan offre un contre-point aux terroristes. Il est musulman et lutte contre Al-Qaeda. L’organisation terroriste insulte sa religion en tuant des innocents. Aucune ambiguïté de ce côté-là et cela fait du bien.

Mais on reste sur notre faim

Le rythme est trop lent

A force d’être analytique, l’intrigue est molle et lente. En me renseignant sur la série, j’ai pu lire un article du New York Times qui me paraît bien expliquer pourquoi. En réalité, le livre analyse tous les protagonistes du 11 septembre, y compris au Moyen-Orient. 80% de l’ouvrage se penche sur cet aspect contre 20% sur la guerre intestine FBI/CIA. On comprend du coup que le sujet est amputé et qu’il nous manque 80% de l’explication. C’est sans doute pour cette raison, qu’après le final, je suis restée sur ma faim.

L’intrigue principale est diluée

On s’attarde sur la vie personnelle dissolue de Jack O’Neil. Certes il n’est pas exemplaire. Marié, il a une maîtresse à droite et une autre femme qu’il aime profondément à gauche. Tiraillé par sa conscience etc etc. Il dépense l’argent du FBI sans compter, commet quelques fautes professionnelles. Sans doute pour donner une densité émotionnelle aux personnages, on suit également la love story de l’agent Soufan.

En fait, cela ralentit encore l’histoire et nous fait perdre le fil de l’enquête déjà assez complexe à suivre.

Un bilan positif

Pour conclure, il s’agit d’une bonne série instructive même si elle n’est pas à la hauteur de mes espérances. Cela m’a finalement donné envie d’en savoir plus et j’ai directement commandé le livre !

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