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[The Handmaid’s tale] Une série d’anticipation effrayante à regarder attentivement

affiche de la série The Handmaid's Tale

Un monde où un totalitarisme religieux ancestral prend le pouvoir aux États-Unis en vertu de la survie de l’espèce. Une civilisation qui bascule et s’effondre en un clin d’œil. C’est le cœur de l’intrigue de la nouvelle série Hulu : The Handmaid’s tale (La servante écarlate), adaptation du livre éponyme de Margaret Atwood publié en 1984.

L’enfer raconté par June, la servante écarlate

Dans un futur proche, le taux d’infertilité a augmenté de façon inquiétante suite à des excès de pollution. Une secte protestante extrémiste profite de cette situation pour faire un coup D’État. Suite à quoi elle instaure la République de Gilead. Les femmes sont déchues de leurs droits. Leur rôle dépend du statut qui leur est attribué. Les femmes fertiles sont alors considérées comme des servantes au service de la procréation. Elles sont assignées après un dressage violent dans une famille de notables. Elles sont chargées de leur faire un enfant. Elles ne s’appartiennent plus et sont entièrement dédiées à cette tache où elle se font violer régulièrement en toute légalité suivant un rituel « biblique », la « cérémonie » censé justifier l’injustifiable.

La société dans son ensemble est bouleversée, les opposants sont sauvagement massacrés, la terreur s’installe, la police secrète contrôle les moindres faits et gestes. Les frontières sont fermées.

Un enfer raconté avec sensibilité, intelligence et précision par June (Elisabeth Moss), une de ces jeunes femmes autrefois libres, capturée et envoyée de force en tant que servante chez le Commandant Fred Waterford (Joseph Fiennes). Le récit suit ses pensées, ses souvenirs et son cauchemar quotidien où elle doit prétendre être quelqu’un d’autre : Offred (au service de Fred).

Une dystopie réaliste ?

On y rencontre les autres servantes. On y comprend les règles de Gilead. On est effrayé par la normalisation de l’horreur où chacun obéit sous la contrainte, occupe son rôle et brutalise sans scrupules si nécessaire.

The Handmaid’s tale est une dystopie (le contraire de l’utopie) brillante et implacable. Sans effets spéciaux. Au contraire chaque plan a l’air tout droit sorti d’un tableau flamand où l’on croiserait la Laitière de Vermeer. Le récit prend aux tripes. Nous assistons impuissants à des injustices et des crimes inhumains. On souffre avec June/Offred. On espère comme elle que tout cela peut encore changer…

June est une femme occidentale contemporaine, nous pourrions être June. Cela force naturellement la réflexion et invite à la résistance aux idées liberticides et réactionnaires en tout genre. « We will bear no more »

 

 

Je vous recommande évidemment cette série de très haut niveau !

 

 

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