David Chase le parrain du festival series mania revient sur les Sopranos

Written by Charlotte Philippe. Posted in Actus, Les Sopranos

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Published on avril 20, 2016 with Pas de commentaire

david_chase_festival_series_mania3C’est une Masterclass exceptionnelle que la saison 6 du festival Séries Mania nous a offert cette année au Forum des Images de Paris. David Chase, président du jury, est venu se prêter au jeu des questions d’Olivier Joyard, journaliste aux Inrockuptibles.
Si vous ne connaissez pas David Chase, vous connaissez forcément la série Les Sopranos qu’il a crée. Il a en effet été le showrunner de cette série TV de 6 saisons diffusée sur HBO de 1999 à 2007. L’histoire de Tony Soprano, parrain de la mafia dans le New-Jersey en proie à des crises d’angoisse intempestives qui le forcent à consulter un psy.

Laurence Herzsberg, directrice du forum des images et du festival nous avertit en guide d’introduction que ce dernier ne pratique jamais cet exercice. Nous sommes ainsi particulièrement chanceux !

L’homme auquel on doit l’une des meilleures séries TV arrive en toute simplicité. Sa présence s’impose rapidement, intense. Il sourit peu mais fait de bons traits d’humour décalés.
Il est à l’image de sa série.

Ses Origines rock n ‘roll

Sur l’enfance et la jeunesse de David Chase on apprendra que son nom de famille était à l’origine Caesare. Issu de l’immigration italienne, il habite avec ses parents à Brooklyn. Ses parents sont des gens simples qui attendent de David qu’il fasse une grande carrière (ils ont réussi). Fan des Rolling Stones, lui rêve d’être une star de rock. Sa mère occupe une place très particulière dans sa vie, il en dit pudiquement qu’elle est très drôle, du moins qu’elle fait rire malgré elle tellement elle est névrosée. On comprendra plus tard le rôle que cela jouera dans la genèse de l’histoires de Tony Soprano.
Après avoir vagabondé en Caroline du sud, il intègre l’Université de New-York puis celle de Stanford en Californie où il suit des cours de réalisation cinématographique.

david_chase_festival_series_mania2En route vers Hollywood

David Chase n’a jamais voulu travailler pour la télévision. Dans les années 70, le monde du cinéma et de la télévision sont totalement cloisonnés et passer de l’un à l’autre est impossible. En outre, travailler à la télévision est la dernière roue du carrosse. Il méprise les networks et ses programmes entrecoupés de publicité. Nourri dès l’âge de 17 ans par les films d’auteur, notamment Fellini, il veut imprimer sa marque de fabrique et ne pas être un simple rouage.
Soutenu par sa femme, déjà dans la vie active il continue ses études avant d’intégrer Universal en tant qu’assistant de production. celle-ci est sa première fan, croit énormément en lui, beaucoup plus qu’il n’y croit lui-même. Sa carrière lui doit beaucoup. Il écrit des scripts qui malheureusement ne trouvent pas de producteurs.

Ironie du sort

Celui qui ne voulait pas travailler pour la télévision sera pourtant l’un des pionniers et maître de la révolution du récit télévisuel. L’histoire des Sopranos a débuté au sein de la boîte de production où il travaille. Ses collègues lui suggèrent de s’inspirer du personnage de sa mère pour écrire un script. Au départ, il s’agit d’un scénario de film avec Robert de Niro pressenti pour le premier rôle. Le projet n’aboutira mais attérira chez HBO. Le jour où David Chase doit présenter son idée de série à la chaîne câblée, il a également rendez-vous avec Chris Carter pour travailler sur X-Files. Ce sera finalement HBO qui lui ouvrira ses portes en produisant Les Sopranos.

Saison 1

david_chase_festival_series_mania1David Chase n’a pas du tout conscience en écrivant la première saison des Sopranos qu’il est en train de créer un véritable phénomène. Il souhaite avant tout écrire avec ses codes, ralentir le rythme de sa série par rapport à celui des autres qu’il juge beaucoup trop précipité, prendre le temps de dérouler le récit. Il veut filmer ce qui se passe comme « dans la vraie vie ». On retrouve ici son influence « Nouvelle vague », amateur des films de Godard et de Truffaut. Il veut que ses personnages puissent rester silencieux, immobiles. Chose alors totalement improbable à la télévision. Il s’autorise pourtant de le faire. A la fin du tournage du premier épisode, il déclare à tout le monde : « on s’est bien amusés, on a pu faire tout ce que l’on voulait, maintenant c’est fini ». Il ne pense en aucun cas que la série va rencontrer son public. Et pourtant, dès sa diffusion, elle crée le buzz. « Il s’est passé quelque chose de vraiment particulier, quand on a vu les critiques, sur 200, il n’y en avait qu’une de négative».

Une série existentielle

On parle souvent des Sopranos comme d’une série sur la mafia. Scorsese dit lui-même qu’elle est bien plus réaliste que ses films. Elle est comparée aux meilleurs films du genre comme Scarface ou Le Parrain. Pour autant, David Chase aborde surtout le thème de la vie et de la mort. Une série existentielle imprimée par la peur que son auteur a lui-même de la faucheuse. On connaît le passé, on ne connaît pas l’avenir, seul compte le présent. C’est la conclusion qu’il nous donne dans l’épisode final où la sonnette récurrente du dinner où il retrouve sa famille dans la dernière séquence le ramène à la seule chose qu’il a : son existence, celle de sa famille ici et maintenant.
Au fond, dit-il la série n’est pas si violente qu’on le dit, elle est surtout triste.
Il relativise également son succès. A chaque saison, il fallait décider qui allait mourir, et quelque soit le choix que l’on pouvait faire on s’attirait des critiques. Surtout lorsque nous avons tué pour la première fois un personnage féminin. David Chase n’aime pas se censurer, la seule limite qu’il se fixe : pas de violence envers les animaux et les enfants. La qualité des saisons fait aussi débat, certains trouvent que seules les deux premières sont excellentes.

Une pépinière de talents

Au-delà de James Gandolfini dont il dit avec humour que son premier souci était de savoir s’il allait venir sur le tournage et d’ajouter ensuite que c’était un acteur formidable qui portait tout son personnage dans son simple regard. David Chase révèle aussi deux des plus grands scénaristes actuels : Matthew Weiner (Mad Men) et Terence Winter (Boardwalk empire, Vinyl).

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