On refait les Emmys avec Actu Séries

Written by Capucine Mercier. Posted in A voir absolument

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Palmares-Emmy-Awards-2011

Published on octobre 08, 2012 with Un commentaire

La cérémonie des Emmys Awards, Grand Messe s’il en est des tendances sérielles, a perdue depuis quelques années son rôle de découverte et juste récompense des séries. Cette année les Emmys ont été, une fois encore le sacre de Modern Family, comédie de ABC, adaptée de la française « Fais pas ci, fais pas ça ».
Pour la troisième année consécutive et sans trop d’état d’âme de la part du jury, la série à raflé les principaux trophées.
Côté drama, il s’agit par contre d’une petite nouvelle, Homeland, qui par son côté post 11 septembre à su jouer sur la corde sensible du jury.

Pour tous les déçus de ces Emmys, j’ai décidé de refaire la liste des gagnants, en essayant d’y intégrer un peu plus de diversité.

Meilleure comédie

GIRLS

Lena Dunham à réussi a ringardiser en un seul épisode de Girls, tous les codes et les stéréotypes auxquels on était habitués. Se revendiquant d’un très discret héritage de Sex & the City, Girls a su donner un nouveau ton et surtout une nouvelle actualité aux jeunes fauchés à New York. Là ou How To Make It In America avait ouvert la brèche des séries des garçons désargentés, Girls plonge ses protagonistes les deux pieds dedans, et vogue la galère.
Le coup de génie de Dunham, c’est de partir de particularisme, mais pour parler d’universalité. Les problèmes et les joies auxquels sont confrontés les jeunes se retrouvent autant à New York, qu’à Berlin ou Sydney. Les difficultés des relations amoureuses quand on n’a pas 25 ans, quand on est encore dans le temps de l’expérimentation, le premier boulot, sont autant de sujets à consonnance universelle… Bref, c’est une comédie qui partant d’un sujet difficile réussit à conserver un propos qui nous parle et qui sait nous faire rire.

Meilleure actrice dans une comédie

Zooey Deschanel

Dans un premier temps j’aurai dit sans hésiter Lena Dunham pour Girls, mais dans un souci de pluralité, je vais dire Zooey Deschanel pour New Girl.

Pour être honnête, je ne pense pas que le rôle de Zooey dans New Girl soit un grand rôle de composition. New Girl reste dans la lignée des comédies de potes (succédant à Friends, How I Met Your Mother, The Big Bang Theory et autres), qui n’apporte rien de très nouveau au paysage audiovisuel.
Cependant, Zooey Deschanel insuffle un côté pop et pétillant, qui en temps de crise fait du bien. Cela en fait une anti Girls, car dans New Girl, les principes esthétiques, des beaux acteurs et un bel appartement sont respectés. Le seul côté novateur réside dans le fait que ce soit – tout comme Girls – une série qui repose essentiellement sur les épaules de son actrice principale. Et cela confirme une certaine tendance des comédies féminines, écrites et jouées par et pour des filles.

Meilleur acteur dans une comédie

Louis CK dans Louie.

Dans la vraie cérémonie l’acteur est quand même reparti avec un Emmy, il y a donc justice quelque part. Mais ou ailleurs qu’à New York une telle série d’autofiction pourrait voir le jour? New York c’est l’Apollo Theatre d’Harlem et ces jeudis amateurs night. C’est également la ville ou un quarantenaire divorcé et papa peut devenir le héros ordinaire et hilarant d’une série d’une chaine câblée.

Arrivée à ce point du post, j’avoue que je rejoins sur quelques points le palmarès du jury pour Homeland. Que les détracteurs de cette série m’en excuse.


Meilleur drame

Homeland.

Là, j’avoue rejoindre le choix du jury. Faire une série, explicitement post 11 septembre, bien ficelée, réalisée brillamment et très justement écrite, c’est réjouissant.
L’idée de base est reprise d’Hatufim – Prisoners of War, série israélienne, même pitch, sauf qu’il s’agit de prisonniers Israéliens revenants aux pays. Percutant.
L’approche des élections américaines, et la récente déclaration d’Obama faisant de cette série, sa nouvelle série préférée (elle succède à The Wire, c’est dire), a peut être influencé la décision du jury.
N’empêche, cette série, les enjeux qu’elle met en place, l’intensité du dernier épisode plus particulièrement avec le cas de conscience du Sergent Brody, justifie à lui seul l’Emmy. Les thématiques universelles développées: le combat du bien contre le mal, la nécessité d’une réponse proportionnelle en cas d’attaque, la réalité teintée de gris plus que de noir et blanc. Brody, qui n’a pas été qu’un simple prisonnier, et qui pendant sa captivité a beaucoup souffert mais a également rencontré les autochtones et a été confronté à la rudesse de leur condition de vie, et à ce que la guerre leur faisait subir. Ce n’est peut être qu’un sentiment personnel, mais on ressort de la série avec l’idée qu’il y a toujours deux versions d’une même histoire et que l’on aurait tort de se contenter de la seule version donnée par les médias, que la réalité est complexe, et que l’on se doit combattre les idées préconçues.

Meilleure actrice dramatique

Claire Danes pour Homeland

Que dire de sa prestation tout en émotion et en subtilité? Que c’est sublime, qu’elle est une grande actrice, qu’on est avec elle à fleur de peau, qu’on a envie d’alerter le monde entier avec elle, qu’on regarde le Sergent Brody avec la même émotion d’un sentiment amoureux mêlé de peur qu’il nous fasse du mal. Vu comment s’annonce la saison 2, je doute que les deux ne se retrouvent avant la saison 3. Donc messieurs les scénaristes, SVP, écrivez très vite la saison 2, pour que vous puissiez les remettre ensemble dans la saison 3, pour en faire un couple impossible comme on aime tant en faire à la TV. Ceci est une requête personnelle, mais si vous y accédez, je vous envoie toute ma gratitude et bisousbisous.

Meilleur acteur pour une série dramatique

Bryan Cranston pour Breaking Bad.

Autant le sergent Brody joue l’ambigüité, et reste dans une certaine justesse d’avoir sa propre morale par delà le bien et le mal, ni terroriste, ni à la botte des États Unis comme on voudrait qu’il le soit. Autant Walter White a basculé du côté obscure de la force pour devenir un vrai salaud, qui ne nous inspire plus aucune empathie. Pourquoi donc donner un Emmy (certes fictif) à une série donc le personnage principal est devenu le premier des salauds? A vrai dire j’ai un peu décroché. La réalisation de la série reste un des grands points forts. Le jeu de Bryan est très juste et mesuré, mais dans les personnages de séries, je recherche toujours un part d’humanité, ce qui n’apparait plus dans les derniers épisodes. Néanmoins, en comparaison avec les autres séries dites dramatique du moment, c’est celui qui mérite le plus. Donc ceci est un message d’adieu à Breaking Bad; cher Vince Gilligan, en radicalisant trop Walter White pour maintenir le cap et la crédibilité de ta série tu m’as perdu en route. Cependant, je ne suis pas rancunière, après la fin de Breaking Bad, j’irai jeter un coup d’œil à tes futurs projets, car malgré ce que tu as fait de Walter, j’admire toujours ton écriture, mais tâche d’injecter une dose d’humanité même si bien enfouie derrière des couches de glace

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Un commentaire

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  1. Bryan cranston : of course! Superbe interprétation dans cette saison. Le roi prend le trone dans cette saison. Il aurait mérité la couronne 🙂
    Pour autant, Damian Lewis le mérite aussi et le prouve encore avec les premiers épisodes de la saison 2

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