[Bored to death] : fin de série

Written by Julie Moreira. Posted in A voir absolument, Bored to death, Séries de A à Z

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Bored to death

Published on février 27, 2012 with Un commentaire

Un jour d’hiver comme les autres et une nouvelle qui tombe sur Twitter : l’excellente série Bored to death est arrêtée par HBO au terme de sa troisième saison. L’occasion de dresser un bilan sur cette série loufoque au charme étrange.

De quoi nous parle Bored to death ? Comme son nom l’indique, c’est bien de l’ennui éprouvé par Jonathan, Ray et Georges et de leurs remèdes farfelus et illégaux pour y remédier.

Jonathan Ames (Jason Schwartzman), écrivain, est confronté au syndrome de la page blanche. Pour stimuler son imagination et se remettre d’une rupture sentimentale, il devient détective privé sans licence grâce à craiglist.com. Lecteur des romans noirs de Raymond Chandler, il espère réenchanter son quotidien tel un Philip Marlowe moderne en opérant filatures et résolvant enquêtes périlleuses et mystérieuses.

Mais le détective improvisé va déchanter : ses affaires s’avèrent bien souvent minables (retrouver le voleur d’un skate-board, ce qui donne lieu à une course poursuite hilarante dans les rues de New-York) voir carrément glauques (un enlèvement par deux sado-maso).

De ces affaires invraisemblables résolus avec beaucoup de peine grâce à des heureux concours de circonstance, la réalité s’avère décevante. Doux rêveur, les fantasmes d’héroïsme chevaleresque de Jonathan se butent à une réalité triviale. Qu’importe ! Un verre de vin blanc et un pétard en compagnie de ses deux acolytes et ces aventures sont minutieusement analysées à la lumière de leurs références littéraires.

Son meilleur ami, Ray (Zach Galifianakis) se rêve aussi en héros mais de comic book : dessinant les aventures de Super Ray au cours de la seconde saison pour reconquérir sa belle, son pouvoir réside dans un phallus hyper-dimensionné. Mais « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » : ayant fait don de son sperme à un couple de lesbienne, ces dernières en ont tiré un commerce fructueux en le revendant à tout ce que New-York compte d’homosexuelles. Notre barbu connaîtra un de ses fils et devra apprendre son nouveau rôle de père.

George, (Ted Danson) figure paternelle de Jonathan, officie comme directeur d’un magazine masculin. Archétype de l’homme parfait décrit par la presse masculine, George semble tout droit sorti du papier glacé. Sans doute son prénom est-il un écho direct au magazine George, équivalant de Vanity Fair mais à destination des hommes par son ton décalé, « sa maquette soignée, ses centre d’intérêts hédonistes et son intérêt pour l’actualité people ». Norman Mailer y participa. Mais derrière cette image figée du vieux beau à l’apparence soignée, George trompe son ennui avec la majijuana et les aventures de Jonathan le galvanise.

Dans l’ultime saison, nos personnages partent à la quête de leurs origines et de leurs devenirs de pères. Car si ce trio incongru se réfugient et s’identifient à des archétypes de sous-genre comme le roman noir, le comic book et la presse masculine, son créateur Jonathan Ames semble nous dire que l’absence de modèle paternel en est la cause.

La saison 3 nous offre une belle fin même si l’on regrette son arrêt que l’on sait irremplaçable. En effet, Bored to death faisait figure d’ovni dans le paysage audiovisuel des séries américaines.

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Un commentaire

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  1. Une série que j’adore. Un ovni dans le paysage télévisuel mondial. Dommage qu’après 3 saisons ce soit terminé … Très dommage. J’en profite pour signaler que Sherlock verra sa troisième et dernière saison on air en automne cette année…et j’en suis aussi très triste… À l’avance 🙂

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