[Breaking Bad] saison 4 Walter Vs Heisenberg

Written by bouddhanight. Posted in Breaking Bad, Séries de A à Z, Voix libre

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Published on juin 07, 2011 with Pas de commentaire

Alors qu’une quatrième saison est annoncée pour le mois de juillet aux États-Unis, Breaking Bad n’en finit pas de torturer nos nerfs. L’épilogue de la saison 3 nous a ainsi laissé pantois, une fois de plus, et réaffirme la volonté des scénaristes de nous tenir en suspens quant à l’issue des péripéties de Walter White.

On pourrait définir Breaking Bad comme une représentation du libre arbitre, au travers de laquelle, notre liberté d’action et les conséquences qui en découlent, ne sont pas toujours celles espérées. En d’autres termes, nos actions sont-elles réellement le reflet de notre volonté?

A savoir quand bien même un homme agit dans le but de faire le bien, ses actions sont-elles forcément vertueuses?

La question est posée au début de la première saison et stigmatisée par un choix cornélien. Walter White doit décider de la vie ou de la mort d’un dealer de drogue. Ses motivations ne sont pas aussi simples qu’on pourrait le penser et la suite montre que White agit aussi par coercition (pour sa survie), enfermé dans une situation dont il ne peut s’extraire sans enfreindre la morale.

Ce choix, il l’avait pourtant bien pesé, énumérant sur papier les arguments pour et contre commettre ce crime. Alors que notre cher Walter décide qu’il ne peut commettre ce péché absolu, la force des choses le rattrape. Encore un peu naïf, il se fait surprendre par le dealer et d’une certaine façon par « légitime défense » commet l’irréparable. Walter White fait ainsi couler le sang pour la première fois, début d’une longue suite  de conséquences qu’il n’imaginait pas alors.

Dès cet instant notre homme abandonne son costume de professeur de chimie, pour endosser celui moins uniforme de narco-trafiquant sanguinaire et sans scrupules. Cette transformation, incarnée par la fausse identité du surnom d’Heisenberg, qualifie à elle seule l’ambivalence qui va dorénavant caractériser la vie de W.W. D’un côte le professeur lisse et le père irréprochable, de l’autre le baron de la drogue doté d’une aura mystérieuse et légendaire, qui n’est pas sans rappeler celle du Keyser Soze d’Usual Suspect.

Comme en témoigne l’introduction de l’un des épisodes de la saison 2 où des mexicains dédient une de leurs chanson à la figure d’Heisenberg. Preuve que ce dernier fait désormais partie de l’imaginaire collectif du monde de la truanderie. On ne le connait pas, on ne l’a même jamais vu, mais tout le monde sait de quoi il est capable. Ses exploits (sanglants) ont façonné des légendes urbaines, l’érigeant dès lors telle une figure mythique. Une dimension que Walter n’aurait pu imaginer et qui finira par le phagocyter.

Faire marche arrière, Walter y a pensé, mais sa position est irréversible. Une fois englué dans le cercle très fermé du marché de la drogue, difficile de s’en extraire. D’autant que ce dernier est confronté à des sociopathes en tout genre, pour qui le pardon est un concept bien lointain. Des pontes de la drogue mexicains aux toxicomaniaques prêts à tout pour une dose, l’univers de Walter White va s’obscurcir au gré du rythme effréné avec lequel il s’attache à produire des quantités de « mets »  toujours plus importantes.

En parallèle de cet univers malsain dans lequel se construit le personnage d’Heisenberg, se juxtapose celui de Walter White, père modèle et professeur passionné pas très passionnant. La force  de la série tient ainsi en la convergence de ces deux monde que tout oppose. L’un enfreint tous les codes sociaux et moraux alors que l’autre s’y conforme de manière presque étouffante.

Et quand la vie de White se subordonne à celle d’Heisenberg, il devient difficile de fourvoyer son entourage. Surtout lorsque l’on possède un beau-frère faisant partie de la brigade des Stups, dont le seul leitmotiv est de stopper l’émergence d’une nouvelle méthamphétamine  à Albuquerque.

Pas simple donc, et pourtant Walter arrive toujours à s’extirper d’imbroglios, sans quoi ce serait la fin de White et d’Heisenberg qui ne feraient plus qu’un aux yeux de la loi. La fin de la saison 1 est à ce titre jouissive et la mise en tension des séquences atteint son paroxysme, comme pouvait le faire la série Dexter à ses débuts…

La réunion des deux identités de W.W semble pourtant inexorable au fur et à mesure que ce dernier s’implique dans le trafic de drogue et que les billets verts affluent.

Sa femme en sera le premier témoin, et Walter devra apprendre à être patient pour retrouver la confiance de cette dernière. Mais cette mise à nue ne suffira pas à stopper les activités illicites de Walter. Au contraire ce dernier s’engage pour un dernier contrat, gage d’une vie assurée financièrement pour de bon. Un dernier coup de poker pour Walter mais qui pourrait pourtant se révéler être le dernier. Tel nous le laisse présager la fin au combien suffocante de la saison 3 et qui promet une saison 4 palpitante.

Cette nouvelle saison pourrait bien marquer la fin du chemin de croix de White. Comme nous l’annoncions au début de cet article, la double vie notre professeur de chimie a réellement débuté par son premier meurtre. D’un personnage banal, White est devenu un criminel, un anti-héros, dont les actions sont toujours soutenues par une remise en question morale (en tout cas pour le spectateur). Pourtant l’escalade des événements qui entraîne Walter dans des situations toujours plus périlleuses, affirme ce dernier dans un rôle qu’il n’aurait sans doute jamais pensé pouvoir jouer, si l’inéluctabilité de la mort ne l’avait poussé dans ses retranchements.

Il existe ainsi une dualité dans les personnages de Breaking Bad, que ce soit chez W.W mais aussi chez Skyler sa femme ou encore Hank le beau-frère agent des stups. La série est portée par des personnages loin d’être uniformes, eux-même étant la représentation d’un espace, où le bien et le mal ne sont pas opposés mais duals.

Pour comprendre le paradigme de la série et la vision du monde qui s’en dégage, on peut s’attacher à reprendre cette scène dans laquelle Walter White explique à sa classe le concept de chiralité.

Il définit ainsi la molécule chirale comme étant composée des mêmes éléments. Sauf que ceux-ci peuvent donner deux formes différentes à la molécule selon qu’ils sont orientés à droite ou à gauche.

Cela entraînant une modification des propriétés chimiques de la molécule qui peut être utilisée de ce fait à des fins différentes.

Le professeur en tire alors un axiome selon lequel le monde et par extension l’Homme sont façonnés par ce principe. Une chose appelle toujours son contraire pour se signifier en tant que tel, la vie et la mort, l’amour et la haine et dans le contexte de la série, le bien et le mal…Walter White et Heisenberg.

Métaphore usurpée (ou non) de ce bon Walter, il devra faire face aux conséquences irréversibles de ses actes. Et la saison 4 qui s’annonce nous promet une chasse à l’Homme impitoyable.

Car oui et nous y arrivons enfin, le final de la saison 3 de Breaking Bad confirme que les scénaristes ne laisseront pas souffler un seul instant le « pauvre » White.

Bien que ce dernier ait déjà connu moults péripéties et dangers durant son aventure de trafiquant de drogue, la mise en abyme de ses crimes, affirme et réaffirme le caractère ambivalent de la figure de  l’anti-héros. Une face est claire, l’autre obscure, cette dernière symbolisant les ténèbres dans lesquels le héros est pris (souvent) malgré-lui, et qui agit par coercition, peu importe si la nature  de ses actes est bonne ou mauvaise, il n’a pas le choix en apparence…Il finit ainsi par faire les frais de ses actions, souvent au péril de sa vie.

Ce dernier trait peut renforcer l’idée que Walter devra dans la prochaine saison rendre des comptes, prendre un chemin qui rappellera peut être celui dessiné par Dieu afin que l’Homme puisse s’absoudre de ses péchés, à savoir la rédemption.

La saison 4 symbolisera-t-elle la pénitence deWalter ? Paiera t-il par le sang celui qu’il a fait couler ? Une chose est pourtant sûre, aucun retour en arrière ne sera possible pour White, et ce dernier ne pourrait se résoudre à une fuite sempiternelle en abandonnant sa famille. La confrontation avec ses vieux démons semble ainsi inéluctable. Car cette fois Walter devra  faire face  aux pontes du cartel de drogue le plus puissant du Mexique.

On peut à juste titre prospecter sur une association de White avec Hank, ce dernier étant le seul armé pour affronter des « bandidos » sanguinaires, comme en atteste le passage le plus intense de la saison 3, dans lequel l’agent des stups élimine à lui seul les jumeaux maléfiques, venus dans le Nouveau-Mexique pour exécuter Walter. On peut penser que cette collaboration inconsciente avec Hank, sorte d’ange-gardien de White depuis le commencement de la série, va se poursuivre. La réussite du script étant que ces derniers ne se confrontent jamais au travers de leurs identités schizophréniques, tout en évoluant dans une sphère d’action pourtant très proche, et ce depuis la première saison.

Qu’à cela ne tienne, la saison 4 s’annonce comme la plus suffocante, la plus éprouvante pour Walter dont la marge de manœuvre ne cesse de se réduire au fur et mesure que s’accumulent les conséquences néfastes de ses propres actes. Jusqu’au point de non retour ? Cette perspective, seul Vince Gilligan, pourra en décider. La direction du script de la saison 5 n’étant sûrement pas encore clairement définie, il ne nous reste plus qu’à patienter sagement, et à nous délecter cette nouvelle saison, dans laquelle on peut le parier, les choses vont  s’accélérer.

Même si la saison 3 de Breaking Bad marquait un fléchissement de l’action pour s’attarder plus profondément sur les affects des personnages (voir l’épisode de la mouche), la saison 4 pourrait renouer avec une dynamique portée cette fois-ci par une dimension moins psychologique, dans laquelle l’action physique des personnages reprendrait une place prépondérante dans la direction de l’intrigue. Comme en atteste la mise en fuite de Walter par ses collaborateurs. Ce dernier passant alors d’un corps figé, statique, prisonnier de son laboratoire, à un corps en perpétuel mouvement, et ce en raison de sa nouvelle posture, c’est à dire celle du fugitif.

Une position pas si nouvelle pourtant, mais qui cette fois pourrait bien coûter très cher à Walter. En effet, une dernière balle tirée, celle de trop ? Et un nouveau meurtre qui pourrait bien sonner  le glas du jugement dernier pour notre professeur de chimie préféré . Rendez-vous à partir du 17 juillet sur AMC pour en attester. Et Breaking Bad saison 4 sera diffusée en septembre sur Orange ciné max.

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