Focus sur le showrunner Alan Ball

Written by Charlotte Philippe. Posted in Séries de A à Z, True Blood, Voix libre

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alanBALL

Published on avril 09, 2011 with Pas de commentaire

Je ne m’étais pas encore décidée jusqu’ici à écrire un article sur Alan Ball. Le sujet me semblait trop vaste et le Dieu de la télévision actuelle trop connu pour apporter quoique ce soit de nouveau.

Mais ce matin, j’ai lu un article assez émouvant sur la série Six Feet Under. Son titre: Saved by Pop Culture:How « Six Feet Under » killed my depression. Vous me l’accorderez, tout ceci n’est pas très gai. En même temps, l’histoire de cette femme est passionnante en ce qu’elle raconte la façon dont une série regardée par des millions de personnes l’a touchée ELLE personnellement à sa façon. Sans aucun doute, nous attendons tous cela d’un bon livre, d’un bon film ou d’une bonne série. Et cela Alan Ball sait très bien le faire!

Après avoir signé le scénario d’American Beauty et remporté un Oscar, Alan Ball est engagé par la chaîne HBO pour diriger une nouvelle série: Six Feet Under. L’histoire est suprenante, elle suit les aventures d’une famille travaillant (de père en fils) dans les pompes funèbres. Nous sommes en 2001, soit deux ans après le début de la diffusion de la série culte les Sopranos. HBO est en plein âge d’or.

Alan Ball est avant tout un scénariste et n’a quasiment jamais mis les pieds sur un tournage. Il se retrouve propulsé showrunner sur une série qui comprendra en tout 5 saisons et 63 épisodes, diffusés de 2001 à 2006. Comment tenir en haleine le spectateur aussi longtemps sur une famille qui s’occupe d’enterrer des morts? C’est là tout le génie d’Alan Ball et de ses scénaristes. Elle touche à l’universel en abordant absolument tous les sujets que tout un chacun se pose avec une finesse d’analyse saisissante. Et en premier lieu, la question de la mort puisque chaque épisode commence par le décès d’un individu qui montre à quel point la faucheuse peut nous saisir à n’importe quel instant, d’où la précarité de nos existences.

Heureusement, Alan Ball a compris que la meilleure façon d’affronter les vicissitudes de la vie c’est d’avoir de l’humour. Ce mélange entre tragédie et humour est je dirais sa marque de fabrique. Il le revendique d’ailleurs en recrutant des scénaristes aux profils très distincts, certains à l’écriture très sombre, d’autres très comique. Il les fait travailler ensemble sur un même scénario et nous obtenons ce subtil mélange qui fait la vie de tous les jours.

Alan Ball confie qu’en travaillant sur Six Feet Under il a appris à regarder la mort en face et à ne plus en avoir peur. Il a réalisé que la vie est courte et qu’il faut en profiter. Enfin, la série lui a permis de faire le deuil de toutes les personnes décédées dans son entourage. (Vous pouvez retrouver les propos d’Alan Ball à ce sujet dans le documentaire de Virginia Vosgimorukian.)

Il se distingue ainsi en parlant avec humanité et une grande liberté de ton de thèmes aussi variés que la vie de couple, qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle – Oui parce qu’Alan Ball est gay et engagé. S’il n’accorde pas plus d’importance à l’homosexualité qu’à un autre sujet, il ne l’élude pas pour autant et l’aborde de front – , la solitude, l’adolescence et comment affirmer sa différence, devenir adulte, accepter les responsabilités, donner un sens à sa vie… Bref, autant de questions que chaque spectateur peut se poser un jour ou l’autre. Le fait qu’il soit bouddhiste explique sans doute cette sorte de recul qui fait du bien.

Une fois Six Feet Under teminée avec le succès bien mérité qu’on lui connaît, Alan Ball veut faire du cinéma, mais le projet qu’il a en tête ne colle pas pour un film. Aussi il propose son idée à HBO. On lui demande de décrire le thème de la série en une phrase. Il répond: « ça parle du côté terrifiant de l’intimité ». Il s’agit en réalité d’une adaptation des livres de Charlaine Harris sur les aventures de Sookie Stackhouse: La communauté du Sud. La saga se déroule dans le sud des États-Unis, chez les rednecks comme on dit, et les vampires parviennent à vivre en meilleure harmonie avec les humains grâce à du sang de synthèse fabriqué au japon, le Tru Blood.

True Blood est différente de Six Feet Under. Elle aborde les thèmes de la tolérance, du rejet, de la superstition, mais la série est avant tout un conte surnaturel avec des créatures mythiques venant perturber la tranquillité d’un petit bled de Louisiane, Bon Temps. J’ai envie de dire qu’elle est à prendre au premier degré avec son lot de scènes terrifiantes, suivies de bonne blagues décalées et de personnages hauts en couleur.

En tout état de cause, c’est un excellent divertissement qui remporte un succès énorme. La saison 4 est en cours de production et sera diffusée le 26 juin sur HBO.

Alan Ball va continuer de nous surprendre, du moins nous l’espérons vivement!

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