[Breaking Bad] Focus sur Vince Gilligan showrunner

Written by Charlotte Philippe. Posted in Breaking Bad, Séries de A à Z, Voix libre

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Published on mars 17, 2011 with Pas de commentaire

vince gilligan,x-files,breaking badSi le terme de Showrunner commence à percer timidement de ce côté-ci de l’Atlantique, aux Etats-Unis il est une vraie référence dans le monde de l’audiovisuel. Avec l’avènement de séries spectaculaires et de grande qualité, les showrunners acquièrent leurs lettres de noblesse. Avant, on parlait des réalisateurs avec un grand R, Alfred Hitchcock, Otto Preminger, Fritz Lang et j’en passe, c’était l’âge d’or du cinéma hollywoodien. A présent, « les auteurs » sont plus du côté de la télé indéniablement plus inventive que le cinéma actuel.

Les showrunners comme leur nom l’indique dirigent le show ou plus précisément la série. C’est leur bébé et ils cumulent différentes casquettes : chef d’entreprise, scénariste, producteur, réalisateur. Ils encadrent et coordonnent les équipes, même s’ils ne sont pas seuls à bord et qu’il ne font pas tout, ils travaillent comme des forçats. On leur doit les meilleures séries TV.

Parmi eux, Vince Gilligan le génial créateur de Breaking Bad. Quel est son parcours?

Vince Gilligan diplômé de la très fameuse Tisch School de New-York a commencé au cinéma. Il signe Méli-melo (de Dean Parisot, avec Drew Barrymore et Luke Wilson), écrit à la fin des années 80 qui sera tourné 10 ans plus tard, et Wilder Napalm, une réalisation de Glenn Gordon Caron sortie en 1993 sur l’histoire de deux frères dotés de capacités de pyrokinésie

Chris Carter est alors à la tête de la série The X-Files (X-Files: Aux frontières du réel) et il a aimé Wilder Napalm. Il ouvre ainsi les portes de son show à Vince Gilligan qui écrira son premier script en free-lance : Soft Light, (Ombre mortelle, saison 2, épisode 23). Il intègre l’équipe lors de la saison suivante et devient un contributeur régulier. Il gravit les échelons jusqu’à devenir co-producteur de la série pour les deux dernières saisons. Il aura ainsi participé à la production ou à l’écriture de 143 épisodes de X-Files.

Lorsque la série s’arrête, on lui propose de diriger le spin-off (série dérivée) de X-Files : The Lone Gunmen (Au coeur du complot). En dépit de sa qualité, le succès n’est pas vraiment au rendez-vous et la série s’arrête. Pour l’anecdote, L’épisode pilote fait référence à un Boeing 727, utilisé comme arme destinée à s’écraser sur le World Trade Center et a été diffusé le 4 mars 2001 (la séquence où l’avion évite in extremis l’une des tours est plutôt spectaculaire).

Mais suite à l’arrêt de X-Files, Vince Gilligan traverse une période de vaches un peu maigres et c’est à ce moment-là que naît l’idée de Breaking Bad. Alors qu’il désespère de vendre encore une ligne de scénario pour vivre, il se demande avec un de ses amis ce qu’il va bien pouvoir faire à la place. La question devient une blague et ils élaborent toutes sortes de théories. Parmi lesquelles un plan consiste à acheter un camping-car, à fabriquer des amphétamines et à silloner le pays en dealant de la drogue. L’idée fait mouche et il se demande quel genre de personnage pourrait bien en arriver à faire ça.

Il développe l’idée qu’il tente de vendre à toutes les chaînes sauf AMC qui à l’époque n’avait pas encore développé son ambition dans les séries. HBO, Showtime, FX refusent. C’est finalement AMC qui va directement contacter le showrunner et lui proposer de produire le pilote. Breaking Bad sera d’ailleurs l’une des premières séries à propulser AMC au rang des chaînes câblées rivalisant avec HBO en terme de qualité et de culot (AMC produit et diffuse également Mad Men, The Walking Dead).

Le pitch : Un quinquagénaire, Walter White, prof de chimie et laveur de voiture pour combler les fins de mois difficiles, se retrouve avec un cancer des poumons incurable alors qu’il a à sa charge un enfant handicapé et que sa femme attend un bébé. Il lui reste tout au plus 6 mois pour trouver une solution afin de faire subsister sa famille. Il décide de mettre à profit ses talents de chimiste, largement sous-exploités dans l’enseignement scolaire, et s’associe avec un de ses anciens étudiants, Jesse Pinkman, pour fabriquer de la métamphétamine. C’est le début d’une longue spirale infernale et rocambolesque où le personnage de Walter White, citoyen lambda, va sombrer progressivement du côté obscur de la force.

La noirceur du sujet n’a pas refroidi les téléspectateurs et en fait l’humour noir est désopilant. La série prend son temps pour développer les personnages. Un temps que la chaîne AMC accorde au showrunner dans un univers TV où tout doit aller vite, c’est à souligner.

Vince Gilligan aurait déclaré qu’il avait prévu de faire mourir Walter White dès la première saison, finalement le succès de la série l’a sans doute incité a revoir sa copie et tant mieux pour nous. Nous en sommes à présent à la troisième saison, le cancer n’a pas encore eu raison de Walt et on espère qu’il attendra encore une cinquième saison avant de capituler.

Totalement décalée, hors-normes, drôle, finement écrite, filmée avec brio c’est sans aucun doute la série la plus intéressante du moment et le petit chef-d’oeuvre de Vince Gilligan.

Si vous avez la live box, vous aurez la chance de pouvoir suivre la série documentaire « Showrunners » diffusée sur Orange ciné max à partir du 8 février.

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